Des résidences nouveau genre
Ceux qui me lisent à chaque semaine remarquent que je ne suis pas du genre à faire dans la futurologie. Si j’étais capable de prédire l’avenir, je serais riche et mon banquier peut vous certifier que ce n’est pas le cas. Mais je vais faire exception cette semaine pour le marché des résidences privées pour retraités. J’observe ce marché depuis quelques années et je constate que toutes les résidences se ressemblent malgré quelques améliorations. Je prédis qu’avec l’arrivée des baby-boomers, l’industrie va changer radicalement. D’une offre peu différenciée nous passerons à une offre très diversifiée et personnalisée. Plus concrètement, j’imagine des résidences dont les occupants vont partager des passions communes ou des conditions de santé similaires. Des résidences pour amateurs de cinéma, des résidences pour sportifs, des résidences pour amateurs d’autos anciennes, bref, la seule limite étant l’imagination et les besoins réels. Si le Cirque du Soleil a réinventé le cirque, peut-être qu’un(e) leader va oser nous proposer des résidences nouveau genre pour nos vieux jours. La vie en résidence se doit d’être un prolongement de notre vie, de nos passions et non le début de la fin.


Pour les personnes en bonne santé (à définir), je suis assez d’accord avec vous. J’imagine mal des gens ayant eu des vies actives, stimulés intellectuellement par des professions, mais accablés physiquement au point de ne plus pouvoir demeurer seul vivre en centre d’hébergement. Ils ne voudront pas faire n’importe quoi, ni peut-être même jouer au bingo. Les personnes en charge des loisirs devront user de créativité.
On pourrait imaginer un(e) professionnel(le) encore capable de discuter de son champ de pratique malgré la diminution de ses capacités physiques. Après avoir pratiqué une profession pendant plus de 35-40 ans, peut-on vraiment tout foutre par-dessus bord sur la seule base que c’est fini et que nous sommes maintenant à la retraite ? J’en doute ! Parlez à une personne de ce qu’elle à fait comme métier et elle vous racontera mille anecdotes sur ce sujet (attention, je ne parle pas de radotage) et si elle a aimé, vous le verrez dans ses yeux. De plus, si elle en a encore les capacités intellectuelles, elle vous commentera même l’actualité récente à ce sujet.
J’avais imaginé, pour mon père, une sorte de service de discussion axé sur des champs spécialisés (droit, finance, agriculture, nommez-le.) dont les intervenants auraient une expérience de ces divers champs spécialisés et qui pourraient tenir une conversation soutenue sur ces différents sujets. Le gouvernement du Québec possède un outil appelé Simulretraite, ce service s’appellerait Stimulretraite. On ne peut quand même pas demander à une infirmière de parler de droit, de finance ou d’agriculture avec un patient spécialiste de chacun de ces domaines. De toutes façons, elles n’ont pas l’heure quotidienne ou hebdomadaire à consacrer à cette activité.
C’est encore loin pour moi, mais j’espère qu’un jour quelqu’un viendra me parler de mes sujets de prédilection et lors de mon arrivée au centre, on me demandera de quels sujets j’aime discuter ou entendre parler, que l’on s’occupera de transférer les abonnements à mes revues à ma nouvelle adresse, etc. Cependant, je ne voudrais pas qu’ils oublient que je n’aime pas le poisson.
Pour les personnes en mauvaise santé c’est autre chose. Il n’en ira pas de regroupement par communautés d’intérêts, mais de qualité de soins (système à plusieurs vitesses en vue). les baby-boomers et suivants n’accepteront jamais que seulement 80% de leurs besoins soient couverts, ce qui était considéré à une certaine époque (ce ratio a peut-être diminué) comme d’excellents soins dans plusieurs centres hébergeant des personnes en mauvaise santé atteint d’alzheimer, entre autres … mais je m’éloigne un peu du sujet. Je suis persuadé qu’au-delà du regroupement par communautés d’intérêt, les baby-boomers plus malades seront plus exigeant (si ils sont encore capable d’émettre des commentaires) en terme de qualité d’attention et de soin qu’on leur porte. Bien que plusieurs résidences se vantent de la qualité des soins offerts, la réalité rattrape vite la publicité (lire ici fiction).
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