Lundi, Août 28, 2006
Les baby-boomers de la deuxième vague (1955-1965) : comment les toucher
Les baby-boomers de la première vague (1947-1954) : comment les toucher
L’authenticité porte fruit chez plusieurs annonceurs
Pourquoi seulement 5 % des recherches marketing sont consacrées à l’inconscient ?
Le monde a changé, mais nos outils pour comprendre les consommateurs n’ont guère évolués. Selon Gerald Zaltman, les études récentes sur le cerveau nous révèlent que 95 % de nos comportements sont dictés par notre inconscient. Or, la plupart des outils de recherche mesurent notre côté rationnel, soit la pointe de l’iceberg. Même la recherche qualitative utilise des outils inadéquats pour comprendre l’inconscient. L’inconscient se révèle dans un monde d’images alors que les groupes de discussion sont du domaine verbal (rationnel). Dans bien des cas, les créatifs ont donc tout à fait raison de se méfier des groupes de discussion et des sondages. Ils permettent rarement de faire de la bonne pub ou un bon produit. Au mieux, ils sont utiles pour éviter des erreurs.
Les 40 ans ou plus agissent beaucoup plus en suivant leurs émotions, leurs intuitions et leur expérience que les plus jeunes. Les études traditionnelles sont par conséquent moins adaptées à cette clientèle. Ils sont aussi plus nuancés dans leurs opinions et parfois les recherches marketing traditionnelles ne tiennent pas compte de cette réalité. Des sous-questions permettent de pallier à ce problème : « Avez-vous hésité avant de répondre à cette question ? ».
En terminant, je recommande à chacun d’entre vous de lire « Dans la tête du client – Ce que les neurosciences disent au marketing » de Gerald Zaltman. C’est un livre passionnant qui remet en cause nos façons de faire.Les stades de vie : pour une compréhension plus dynamique des comportements
Ces événements sont bien plus utiles qu’un groupe d’âge et une tranche de revenu pour saisir l’état d’esprit des 40 ans ou plus. Encore faut-il que certaines bases de données comme BBM et Nielsen puissent les intégrer pour améliorer notre ciblage.
Le « design universel » ou l’art de concevoir un produit « sans âge »
Qu’est-ce que l’entreprise beauceronne MAAX et les bières de la Nouvelle-France ont en commun mis à part d’être québécoises ? Toutes les deux ont compris l’importance de créer des produits pouvant s’ajuster ou plaire à différents groupes d’âges. Le fabricant de baignoires et douches MAAX a conçu un modèle de douche qui intègre ergonomie et esthétisme. En vieillissant, les consommateurs veulent une douche plus sécuritaire et facile à utiliser, mais sans pour autant avoir l’air d’une douche d’hôpital. Les modèles de douches ergonomiques de MAAX sont en pleine croissance.
La bière sans gluten « La messagère » connaît aussi un succès monstre. Les diabétiques et ceux qui souffrent de maladies intestinales peuvent maintenant boire une bière sans problème. Résultats : les ventes de « La Messagère » sont 50 % plus élevées que l’ensemble des trois marques régulières de la compagnie. Dans les deux cas, il s’agit de produits qui sont surtout destinés aux plus de 40 ans mais dont l’analyse des besoins déborde largement des groupes d’âge en étant inclusive plutôt qu’exclusive. Voilà en quoi consistent le « design universel » et le marketing « sans âge ».
Quand le respect impose le respect
Les 40+ ont une consommation éthique de plus en plus marquée. Le scandale de la firme américaine ENRON a déclenché une vague de ressentiment envers les entreprises qui ne respectent pas la société, l’environnement et les consommateurs. Ici, c’est le scandale des commandites qui a bouleversé la politique canadienne et plus récemment au Québec, celui de la SAQ. Chez les 40+, les valeurs humanistes prennent le haut du pavé. Les entreprises ou les organisations qui ignorent ce fait courent à la catastrophe auprès de cette clientèle.
Le respect des consommateurs, de la société et de l’environnement c’est bien, mais celui des employés, des actionnaires (petits ou gros) et des fournisseurs, c’est encore mieux. Costco, une des entreprises les plus profitables au monde, tient à ses cinq valeurs avant de prendre une décision : 1-Obéir aux lois, 2-Prendre soin de ses clients, 3-Prendre soin de ses employés, 4-Respecter ses fournisseurs, 5-Récompenser ses actionnaires. Une étude financière américaine effectuée sur 10 ans a comparé les entreprises ayant un code d’éthique de base comme celui de Costco avec d’autres entreprises sans code d’éthique. Les résultats indiquent que la performance du premier groupe est nettement supérieure au second.
Les grandes surfaces devront s’ajuster
D’ailleurs, une étude française réalisée en juin 2000 par ConsoScan Distribution Secodip indique que la fréquentation des épiceries de grandes surfaces diminue en vieillissant. Moins de 35 ans : 24,5 %, 35-49 ans : 37,2 %, 50-64 ans : 22,1 % et 65 ans + : 16,3 %.
Qu’est-ce que les grandes surfaces peuvent faire ? Se fragmenter en boutiques ? Prévoir des bancs pour s’asseoir et des toilettes accessibles ? Offrir un meilleur service ? Offrir un meilleur rapport qualité-prix ? Améliorer l’architecture et le design des magasins ? Faire vivre une expérience de magasinage qui stimule nos cinq sens ? À mon avis, elles doivent faire tout ça pour survivre. Le défi est aussi grandiose que leur taille.
Chers détaillants, aidez-moi à acheter vos produits !
Chers détaillants, je vieillis et vous faites tout pour m’empêcher d’acheter vos produits. Je rêve d’allées plus larges, des tablettes ni trop hautes ni trop basses, un éclairage suffisant, des toilettes visibles et accessibles, des affiches d’une typographie suffisamment grosse car ma vue baisse. J’aimerais que vous ayez du personnel spécialement dédié pour m’aider en cas de besoin. Je veux des fauteuils pour m’asseoir et une loupe pour lire certaines étiquettes. J’aime bien les jeunes mais je déteste quand les boissons gazeuses ou autres produits qu’ils raffolent sont situés trop près des produits que je consomme habituellement. Un ado qui me bouscule comme un taureau, ce n’est pas ce qui m’incite à rester dans votre magasin et dépenser. Quant à vos chariots, pouvez-vous les concevoir plus lourds et plus larges afin de me donner encore plus de misère ? J’ai une fille de 30 ans qui a un enfant de 2 ans. Vous savez quoi chers détaillants ? Elle fait les mêmes rêves que moi ; elle aussi veut qu’on lui facilite la vie. Un magasin bien aménagé plaît aussi aux jeunes. Chers détaillants, votre banquier se fout de l’âge de vos clients, tant et aussi longtemps que vos profits augmentent. Aidez-moi à augmenter vos profits !

